dimanche 27 avril 2014

Le loir est cher !, Michel Boucher, Motus


SDF-humour-départements français. Après <Le Sens de l’amour> (Le Rouergue) : une histoire d’amour racontée avec des panneaux de signalisation routière, Michel Boucher raconte ici, avec les noms des départements, une journée d’une SDF. Elle chante ses poèmes (AUDE), dès le matin (AUBE), à la sortie du quai (GARD), sous la grande horloge (EURE) pour faire la MANCHE. Elle chante très très fort (SAVOIE) surtout dans les aigus ! (HAUTE-SAVOIE)…

Nos enfants ne connaissent plus les départements, constatent certains. Ce livre est une manière ludique de renouer avec eux ! Le jeune lecteur ira de surprise en surprise avec le plus grand amusement. Vous pouvez enchaîner à la lecture une recherche documentaire avec dictionnaire pour les situer et accoler leur numéro. En illustration la carte routière de chaque département avec les villes principales est mise à l’honneur. Primaire et Collège.

O. B.

mercredi 23 avril 2014

Le passeur du temps, Mitch Albom, Pocket

Parce qu'il est le premier homme à vouloir mesurer le temps, Dor s'attire le courroux des Dieux et est emprisonné dans une caverne durant 600 ans. Puis on lui demande de secourir deux personnes : Sarah, souffre-douleur de son lycée qui désire mettre fin à ses jours, et Victor, homme d'affaire richissime qui rêve d'accéder à l'immortalité. Deux êtres que tout oppose, que ce soit leur vie ou leur notion du temps (« l'un veut trop de temps, l'autre pas assez »). Dor, pour les sauver et se sauver lui-même, doit leur apprendre la vraie valeur du temps.
Les deux personnages principaux que sont Sarah et Victor n'ont rien de héros, n'ont pas de super-pouvoirs, ni ne doivent sauver le monde. Ce sont des êtres humains simples, confrontés aux problèmes de la vie (le rejet, la maladie) et auxquels on n'aura aucun mal à s'identifier. Si Dor peut paraître vaguement moins humain, il n'en a pas moins une histoire et un passé qui le rendent attachant. Et malgré la simplicité (volontaire) du style, les sujets abordés sont profonds, les réflexions soulevées par l'ouvrage nombreuses. Mitch Albom nous présente ici un véritable conte moderne, revisite certains mythes classiques (la tour de Babel) ou modernes (la cryogénisation, l'immortalité) et nous fait inévitablement nous interroger sur notre propre rapport, non seulement au temps, mais aussi à la vie.
Un livre plein de charme et de poésie.

France M.

dimanche 20 avril 2014

Au lieu-dit Noir-Etang..., Thomas H. Cook, Points


Chatham en 1926 est une petite bourgade tranquille et puritaine. En ce mois d'août, l'école accueille un nouveau professeur, Elizabeth Channing.
Un an plus tard, elle sera le centre d'une tragédie au lieu dit Noir-Etang.
Henry, jeune élève à l'époque est le narrateur des évènements dramatiques que lui seul détient dans toute sa vérité.
Mlle Channing est une jeune femme passionnée, curieuse de la vie, qui par ses voyages avec son père a appris ce que liberté et résister veulent dire. Henry admire la vision de la vie de Mlle Channing peut-être aussi en l'exagérant (il peint des portraits échevelés où Mlle Channing ne se reconnaît pas).
Henry, encore adolescent s'ennuie de la vie étriquée qu'il mène.
Quand il devient témoin de l'amour qui enflamme Mlle Channing et l'ombrageux M. Reed, un professeur marié, et constate l'impossibilité pour eux de le vivre, Henry devient complice à leur insu. Les conséquences seront irréparables.

L'auteur distille savamment dans une intensité allant crescendo la passion amoureuse, l'intrigue policière et psychologique.
Ce roman noir extrêmement romantique me fait penser aux portraits préraphaélites, aux héroïnes romantiques des soeurs Brontë qui me font toujours rêver ou encore à l'Auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier.

C'est un très beau moment de lecture.



Zakuro

mercredi 16 avril 2014

Twelve years a slave (Esclave pendant 12 ans), Solomon Northup, Michel Lafon

1841, Washington. Solomon Northup, né homme libre et joueur de violon émérite, se voit proposer un emploi dans un cirque ambulant. Il ne verra jamais le cirque : il est bientôt drogué, enlevé, et forcé de se présenter comme un esclave de naissance pendant les douze années qui précèderont sa libération quasi-miraculeuse.
Solomon suivra trois maîtres, dont Epps, le plus cruel, avec qui il restera dix ans. Ce n'est pas uniquement son histoire qu'il nous raconte, puisqu'il n'hésite pas à s'attarder davantage sur les autres esclaves que sur lui-même. On pense notamment à Patsey, victime de la jalousie de sa maîtresse et de la luxure de son maître, et dont le traitement cruel est le point d'orgue du livre comme du film éponyme. L'auteur s'attarde aussi sur les conditions de vie des esclaves : leur rythme de vie, leurs chants, et même deux chapitres entiers consacrés à la culture de la canne à sucre et du coton.
Témoignage précieux, poignant, mais aussi étonnant de par sa forme : le narrateur prend une certaine distance avec son histoire, et il ne faut pas s'attendre à un récit parfaitement écrit. Solomon Northup a clairement voulu que le lecteur se fasse sa propre opinion de l'histoire, certains points n'ayant pas été expliqués lors de la rédaction. On peut toutefois regretter l'absence d'un épilogue sur la fin de vie de Solomon Northup : quatre ans après sa libération, il disparaîtra sans laisser de traces...



France M.

lundi 14 avril 2014

Le collier rouge, Jean-Christophe Rufin, Editions Gallimard


La tension dramatique de ce court récit se passe juste après la guerre, l'été 1919 dans une petite ville de province. Un juge-officier Hugues Lantier enquête sur le prisonnier Jacques Morlac, ancien soldat héroïque de l'armée d'Orient. La chaleur étouffante, les rues désertes et le silence des habitants confèrent à cet interrogatoire la force d'un huis clos seulement mis à distance par le statut social et les convictions des protagonistes. Mais la guerre a pareillement changé ces deux hommes et leur vision du monde. Pourtant, une troisième voix se fait entendre, ce sont les aboiements déséspérés d'un chien, jour et nuit, près de la prison.

Car le personnage principal du roman de Jean-Christophe Rufin est bien ce chien au collier rouge dont la fidélité louable au combat nous engage à réflechir sur ce qui fait notre part d'animalité et d'humanité.


Zakuro

dimanche 13 avril 2014

Soirée jeux à la Fabrique à Rêves vendredi 18 avril à 20h30 !

La prochaine soirée découverte de jeux aura lieu le vendredi 18 avril à partir de 20h30 à la Fabrique à Rêves.
L'entrée reste gratuite, bonbons et boissons seront proposés sur place.

Au menu, jeux grand public, jeux d'ambiance, jeux de réflexion, jeux d'adresse, jeux de stratégie, jeux familiaux et jeux pour les experts. Avec, par exemple : Blitz, Rumble in the house, Las Vegas, Splendor, Chupacabra, Wazabi, Privacy, Wink, Pit, Compatibility, Nosferatu, Shabadabada, Mim Too, Déclic, Rythme and Boulet, Tokyo Train, The Island, 6 qui prend, Cappuccino, Concept, Defifoo, Shadow Hunters, Libertalia, Carcassone, Catane, Pingouins, Hanabi, Intrigo, Saboteur, 7 wonders, Loup Garous, Le désert interdit, Takenoko, Life Boats, Room 25, Tokaido, Mystères, Dixit et des dizaines d'autres !


Les participants peuvent apporter leurs propres jeux afin de les faire découvrir à tout le monde !

Merci de prévenir de votre venue par mail
à lafabriqueareves@orange.fr ou par inscription directe sur Facebook, les places étant limitées !
 
A bientôt !

mardi 8 avril 2014

Wormworld Saga, le voyage commence

Jonas passe l'été chez sa grand-mère avant d'entrer au collège. Il découvre dans le grenier l'entrée vers un monde étrange...

D'Alice à Narnia en passant par l'Histoire sans fin (dont vous trouverez un clin d'oeil à l'auteur au début de cet album), l'histoire de Wormworld Saga, celle du voyage initiatique d'un pré-ado dans un monde onirique, semble avoir été racontée mille fois.

Pourtant, la recette fonctionne à merveille ici, particulièrement grâce aux magnifiques dessins de Daniel Lieske, artiste numérique allemand. Nous découvrons avec Jonas un monde réellement enchanteur, de par ses effets de lumière, ses couleurs éclatantes. On se prend à rester sur une case, observant le moindre détail de la gigantesque forêt, où nous faisons nos premiers pas dans le monde de Wormworld.

Cette adaptation papier de la BD buzz sur internet est vraiment réussie, et plaira aux adultes aussi bien qu'aux enfants. On reste cependant sur notre faim à la fin de ce premier tome, et attendons la suite avec la plus grande impatience !

Livre disponible sur notre site !



lundi 7 avril 2014

Lettres à Shakespeare, Réunies par Dominique Goy-Blanquet, Editions Thierry Marchaisse



Qui êtes-vous Monsieur William Shakespeare ?
Sur la très belle  couverture rouge électrique de cet essai édité  en l'honneur du 450ème anniversaire de votre naissance, votre portrait est celui d'une "star", visage indéchiffrable caché par des  lunettes. Voyez-vous nos rêves  à travers les siècles ?

Lettres à Shakespeare est une très belle entreprise collégiale d'intellectuels  réunie par D. Goy-Blanquet pour clamer  leur affection  et leur reconnaissance professionnelle  à ce  grand auteur classique. La formule inédite et très accessible réside dans des lettres contemporaines écrites par 16 auteurs, tous passionnés. Nul doute, l'oeuvre de William Shakespeare  inspirée par l'Histoire de l'Angleterre et ses jeux de pouvoirs est encore bien vivante  de nos jours. Dans la création littéraire (l'Oulipo) et l'expression théâtrale. Et au plus intime de nos expériences humaines quand résonnent en nous les émotions, les perceptions et les idées d'un texte.
Je me suis attachée au mystère qui entoure la personnalité  de ce grand homme, "Un et Multiple", à la fois tous ses personnages et aucun.
Je me suis attardée sur les passages soulignant son écriture singulière, faisant souvent appel à l'inconscient, empirique et improvisée. (Hamlet).
Un jeu constant des contraires, des métamorphoses, des passages de  haut en bas d'une  noble pensée à  l'action la plus vile.
Je me suis laissée guidée avec plaisir  dans le "théâtre du Globe"   à Londres où le décor minimaliste est uniquement rempli par la parole, le son de la voix, le langage métaphorique  et, ... le silence, moteur essentiel.
Une poésie musicale de langue anglaise qui pour certains  ne peut être traduite sans la dénaturer comme le célèbre "We few, we happy few, we band of brothers.."(Henry V)"  repris tel que par Churchill en 1940.
J'ai admiré le fait que le travail de Shakespeare formaient les futurs juristes où  les "Inns of Courts"  puisaient matière à des cas d'espèce souvent très proches de la réalité.
En France, je me suis attardée sur l'adaptation très libre de Shakespeare par le  regretté  Patrice Chéreau  qui  en 1970 avait emprunté les arts contemporains du cirque et du music hall.
De même, la mise en scène spectaculaire de Ariane Mnouchkine de  "Richard II" par le jeu du kabuki (masques,  maquillages) au Théâtre du Soleil, dix ans plus tard.

Je ne peux terminer mon texte sans citer  la très belle trouvaille poétique de Prospero (Les sonnets, la tempête) "Our  little life is rounded with a sleep".

Un très grand merci aux éditions Thierry Marchaisse, partenaires de la célébration  "Shakespeare 450" et aux auteurs de cet essai très formateur.

Zakuro