vendredi 26 août 2016

Le dernier amour d'Attila Kiss, Julia Kerninon



Cristallisation de l'amour dans le cœur d'un guerrier blessé.

Il s'appelle Attila, c'est un homme des plaines et des champs de luzerne de la Hongrie. Il a eu une famille et a tout perdu.
Elle est apparue un jour sur la terrasse ensoleillée d'un café de Budapest. Elle, c'est  Theodora, une jeune femme issue d'une riche famille viennoise.
Vienne. L'Autriche est pour Attila, la vieille ennemie de son pays. Une vindicte qui remonte aux origines de  l'empire austro-hongrois et des deux guerres mondiales qui ont  morcelé le territoire hongrois et divisé son peuple.
Sa rencontre avec Theodora le submerge d'émotions mais une petite voix intérieure lui fait livrer un combat entre la tendresse et la colère, le désir et la haine "l'amour rappelle qu'il y a des frontières et qu'on ne les franchit pas impunément". Une déclaration de guerre et d'amour à cette femme autrichienne qui vient  à lui si  naturellement et avec confiance, et pourtant Theodora le connait à peine " Je savais exactement quatre choses sur toi, la peinture, les poussins, la solitude et la texture de ta peau, c'était très peu, c'était minuscule, mais l'amour est la forme la plus haute de la curiosité et je suis tombée amoureuse de toi".
Des choses sont cachées, des choses sont dites, qui sont révélées tantôt par leurs pensées, tantôt par le dialogue dans le texte où les mots résonnent d'une voix slave, chaleureuse et empathique.
Theodora est une jeune femme pleine de vie et d'optimisme mais elle a aussi  ses abîmes qui ne sont pas celles de la trahison d'un pays mais celles de son existence, des morceaux d'elle qu'Attila va reconquérir et reconstruire pour l'amour de Theodora et son insurrection à lui.


Zakuro.

lundi 15 août 2016

La femme au colt 45, Marie Redonnet



Au Magic Théâtre, Lora Sanders est une actrice adulée de   50 ans menant à travers l'interprétation de ses personnages des vies multiples.
Entourée de son  mari très protecteur qui est aussi son metteur en scène et  de son fils, la scène du théâtre est sa maison.
Mais la guerre oblige  Lora à quitter  le théâtre et les siens. Lora fuit seule son pays  munie d' un vieux colt 45, attachée à elle comme un membre. Un duo improbable et pourtant.
Après une vie statique menée sur la scène, voici Lora sur les routes de la survie, avec au bout de ce chemin la  connaissance d'elle même et l'expression de sa vraie personnalité.
J'ai beaucoup aimé l'écriture élégante et fluide de l'auteure  qui respire son attachement au théâtre tant sur la structure du roman que sur le fond de l'histoire.
A chaque chapitre, le décor est posé, à chaque chapitre, Lora évolue dans un nouvel environnement et s'adapte. Le texte ne présente pas de rupture brutale entre la vie de tous les jours et le théâtre, l'une et l'autre s'imbriquent naturellement.  Le tout forme un très bel hymne à la femme et à la liberté de création.

Zakuro.